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Sommeil et santé mentale
Sommeil et santé mentale : comprendre leurs liens et découvrir comment la sophrologie peut accompagner le relâchement, les ruminations et l’appréhension du sommeil.
Peut-être avez-vous déjà expérimenté les effets d’une mauvaise nuit : irritabilité, difficultés à se concentrer, moral en berne. Lorsque les mauvaises nuits se répètent, voire s’enchaînent, les conséquences peuvent devenir réellement délétères.
Le sommeil participe en effet à la régulation des émotions, de la cognition et de notre réponse au stress. Les recherches montrent des liens étroits entre troubles du sommeil, anxiété et dépression.
Un dialogue permanent entre sommeil et émotions
La relation fonctionne dans les deux sens.
Une période de stress, voire d’anxiété, peut rendre l’endormissement plus difficile et provoquer des réveils nocturnes ou trop matinaux.
Personnellement, il m’est arrivé, dans des périodes de stress important, de me réveiller à 5 heures du matin, presque à la minute près. C’était d’ailleurs devenu pour moi une façon de constater que j’étais stressée.
Inversement, un sommeil régulièrement perturbé peut rendre plus difficile la régulation émotionnelle et augmenter notre vulnérabilité au stress. Une vaste synthèse de la littérature associe notamment la privation de sommeil à davantage d’anxiété, de symptômes dépressifs et de difficultés de régulation des émotions.
Un cercle vicieux peut alors s’installer : je suis préoccupé → je dors moins bien → je suis plus vulnérable le lendemain → mes préoccupations prennent davantage de place → je dors encore moins bien.
L’importance de la régularité
Une étude publiée en 2025 portant sur près de 80 000 participants a observé qu’un sommeil plus régulier était associé à un risque plus faible de développer ultérieurement une dépression ou de l’anxiété.
Se coucher et se lever à des horaires relativement stables, y compris le week-end, créer une transition entre la journée et la nuit, ralentir progressivement plutôt que passer directement de l’agitation au sommeil : ces habitudes simples contribuent à donner au corps et au cerveau des repères propices à l’endormissement et à un sommeil de qualité.
Mais les difficultés de sommeil peuvent aussi avoir d’autres causes.
Une fatigue persistante ou des troubles du sommeil qui s’installent peuvent notamment être liés à d’autres problèmes de santé. N’hésitez pas à en parler à votre médecin traitant.
Et la sophrologie ?
La sophrologie peut vous aider à :
- créer les conditions favorables au relâchement : porter attention à la respiration, diminuer progressivement le niveau de tension, détendre le corps et prendre davantage de recul par rapport aux événements ;
- désacraliser le sommeil : travailler sur l’appréhension de ne pas s’endormir, remettre un peu de distance avec la pression du « il faut absolument que je dorme », retrouver une relation plus souple avec le coucher et savoir quoi faire en cas de réveil nocturne ou trop matinal ;
- accompagner la gestion des ruminations : non pas en cherchant à supprimer les pensées à tout prix, mais en apprenant à ne pas rester accroché à chacune d’elles, notamment grâce à la respiration, au relâchement corporel et à la visualisation.
Les exercices respiratoires peuvent faire partie de cette approche. Une revue systématique récente consacrée à la respiration lente avant le coucher rapporte une amélioration de la qualité et de la durée du sommeil ressenties par les participants, tout en soulignant que les résultats obtenus avec des mesures objectives restent encore insuffisants pour conclure définitivement.
Sources scientifiques
Palagini L. et al., Insomnia, anxiety and related disorders: a systematic review on clinical and therapeutic perspective, Neuroscience Applied, 2024. Revue systématique de 93 travaux sur le lien entre insomnie et troubles anxieux. Consulter l’étude sur PubMed Central
Li D-R. et al., Regular sleep patterns, not just duration, critical for mental health, Psychological Medicine, 2025. Étude portant sur 79 666 participants suivis pendant 7,5 ans en médiane. Consulter l’étude sur PubMed
Shah A.S. et al., Effects of Sleep Deprivation on Physical and Mental Health Outcomes: An Umbrella Review, American Journal of Lifestyle Medicine, 2025. Synthèse de 29 revues systématiques et méta-analyses. Consulter l’étude sur PubMed
Eide E.M. et al., Slow breathing techniques before bedtime and the effects on sleep: A systematic review, Sleep Medicine Reviews, 2026. Revue de 9 études et 457 participants sur la respiration lente avant le coucher. Consulter l’étude sur PubMed