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Visualisation positive et sophrologie
Se représenter mentalement une situation, une sensation, un geste : ce que la sophrologie en fait, et ce qu’on en retrouve ailleurs.
Qu’est ce que la visualisation positive ?
La visualisation positive consiste à se représenter mentalement une situation, une sensation ou une action de la manière la plus concrète possible, comme si vous étiez en train de la vivre. Vous mobilisez les images, les sons, les odeurs, les émotions associées.
Faites ce petit exercice : pensez à un citron, sa forme, sa couleur, l’aspect de la peau. Puis imaginez que vous le découpez en quartier. Vous voyez la pulpe, des pépins peut-être. Imaginez que vous prenez un quartier, vous le portez à votre bouche, vous ressentez l’acidité caractéristique du fruit… Que ressentez-vous ? Pour ma part, la simple évocation du mot citron me fait saliver comme si je ressentais déjà, réellement, l’acidité du fruit.
Comment et pourquoi l’utilise t’on en sophrologie ?
En sophrologie, la visualisation est pratiquée alors que la personne a été amenée par la voix et les indications du sophrologue dans un état de profonde détente. L’objectif est de permettre à la personne de se représenter une situation future ou passée, une capacité, un état souhaité.
Elle peut par exemple être utilisée pour se préparer à un examen, un entretien, une prise de parole ou un événement important. Ce travail peut également accompagner un travail sur la confiance en soi.
Elle peut aussi être utilisée pour renforcer la perception de ses propres ressources : capacité à être calme, confiant, plein d’énergie, à s’endormir paisiblement…
Il ne s’agit pas de croire que le simple fait d’imaginer une réussite ou une capacité suffit à la provoquer : la visualisation constitue plutôt une forme de répétition mentale, elle permet d’explorer à l’avance une situation et la manière dont nous aimerions la vivre, ou de revivre une expérience passée pour retrouver toutes les capacités et sensations positives associées.
Des travaux expérimentaux ont montré que l’imagerie d’événements positifs peut influencer l’humeur et que la perspective adoptée, notamment le fait d’imaginer la scène de son propre point de vue, peut moduler certains de ses effets émotionnels.
Où retrouve-t-on également la visualisation positive ?
Cette technique est loin d’être propre à la sophrologie.
En psychologie et dans certaines thérapies cognitives, différentes formes d’imagerie sont utilisées pour travailler sur les émotions, les souvenirs ou les situations redoutées. L’« imagery rescripting », par exemple, fait aujourd’hui l’objet de plusieurs essais cliniques et méta-analyses.
En psychologie du sport, les athlètes utilisent depuis longtemps la répétition mentale d’un geste ou d’une compétition. Une méta-analyse publiée en 2025 portant sur 86 études et 3 593 sportifs conclut à un effet favorable de la pratique d’imagerie sur plusieurs dimensions de la performance sportive.
L’imagerie motrice est également étudiée en rééducation neurologique, notamment après un AVC ou dans la maladie de Parkinson, souvent en complément de la rééducation physique. Les résultats sont encourageants dans certaines indications, même si la qualité et la force des preuves varient selon les situations.
On retrouve enfin des techniques proches dans l’hypnose, la relaxation guidée et certaines approches de préparation mentale.
Sources scientifiques
Grol M., Vanlessen N., De Raedt R., Feeling happy when feeling down: The effectiveness of positive mental imagery in dysphoria, Journal of Behavior Therapy and Experimental Psychiatry, 2017. Étude expérimentale consacrée à l’imagerie mentale positive et à l’influence de la perspective adoptée sur la réponse émotionnelle. Consulter l’étude sur PubMed
Burnett Heyes S. et al., Mental Imagery-Based Training to Modify Mood and Cognitive Bias in Adolescents: Effects of Valence and Perspective, Cognitive Therapy and Research, 2017. Étude expérimentale montrant notamment une augmentation de l’humeur positive après entraînement à l’imagerie positive et examinant le rôle de la perspective à la première personne. Consulter l’étude
Morina N., Lancee J., Arntz A., Imagery rescripting as a clinical intervention for aversive memories: A meta-analysis, Journal of Behavior Therapy and Experimental Psychiatry, 2017. Méta-analyse de 19 essais consacrés à l’imagery rescripting dans différentes problématiques psychologiques. Consulter l’étude sur PubMed
Zhang X. et al., The Effects of Imagery Practice on Athletes’ Performance: A Multilevel Meta-Analysis with Systematic Review, Behavioral Sciences, 2025. Méta-analyse portant sur 86 études et 3 593 sportifs, retrouvant globalement un effet favorable de la pratique d’imagerie sur la performance sportive. Consulter l’étude sur PubMed
Yan T. et al., Effects of motor imagery training on gait performance in individuals after stroke: a systematic review and meta-analysis, Disability and Rehabilitation, 2025. Revue systématique et méta-analyse portant sur l’imagerie motrice après AVC, avec des résultats favorables sur certains paramètres de marche mais une hétérogénéité importante entre les études. Consulter l’étude sur PubMed
Michel M. et al., Exploring motor imagery as a therapeutic intervention for Parkinson’s disease patients: a scoping review, Frontiers in Neurology, 2024. Revue de la littérature sur l’utilisation de l’imagerie motrice dans la maladie de Parkinson et ses applications potentielles en rééducation. Consulter l’étude
Pettenuzzo T.S.A. et al., Updates on Motor Imagery and Action Observation in Parkinson’s Disease Motor Rehabilitation: A Systematic Review and Meta-analysis, NeuroRehabilitation, 2025. Revue systématique et méta-analyse soulignant que les résultats restent variables et que les données disponibles demeurent limitées pour certains critères moteurs. Consulter l’étude