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Apprendre à repérer les signaux du stress
Apprendre à reconnaître les manifestations physiques, émotionnelles et mentales du stress, et comprendre comment la sophrologie peut aider à mieux les repérer.
Parfois, le corps nous informe que nous sommes stressés avant même que nous en ayons conscience.
Mâchoires serrées, épaules remontées, ventre noué, brûlures à l’estomac, maux de dos…
Ces manifestations ne sont évidemment pas toujours liées au stress, mais elles peuvent, chez certaines personnes, faire partie des premiers signaux à repérer.
Chacun a ses propres signaux d’alerte
Le stress ne se manifeste pas de la même manière chez tout le monde.
Chez certaines personnes, il sera d’abord physique : tensions musculaires, palpitations, ventre noué, maux de tête, fatigue ou sommeil perturbé.
Chez d’autres, les premiers signes seront davantage émotionnels ou cognitifs : impatience, inquiétude, difficulté à se concentrer, ruminations, sentiment d’être débordé, modification de l’appétit.
Il peut aussi modifier nos comportements : ressentir le besoin de travailler davantage sans parvenir à s’arrêter, procrastiner, avoir besoin de tout contrôler, devenir moins disponible pour les autres, se lancer dans une pratique sportive effrénée…
Avec le temps, en portant davantage attention à nous-mêmes et en prenant du recul sur nos émotions et nos comportements, nous pouvons apprendre à reconnaître nos propres manifestations du stress.
Dans mon cas, par exemple, des réveils très matinaux et réguliers apparaissaient à chaque période de forte tension. Si cette période perdurait, c’étaient ensuite des maux de dos.
J’ai fini par comprendre le message lorsque mon ostéopathe m’a dit, en substance :
« Écoutez Madame, si vous restez dans cet état, on va continuer à se voir tous les trois mois pour que je vous débloque le dos. »
Apprendre à s’écouter
L’interoception est notre capacité à percevoir les signaux provenant de l’intérieur de notre corps : respiration, rythme cardiaque, tension, faim, chaleur, sensations digestives…
Cette perception participe à la façon dont nous identifions et régulons nos états émotionnels. Les recherches montrent notamment des liens étroits entre interoception, stress et anxiété, même si cette relation est complexe et que toutes les dimensions de l’interoception ne fonctionnent pas de la même manière.
Repérer ses signaux suffisamment tôt peut permettre de se dire :
« Tiens, je recommence à serrer les mâchoires. »
ou :
« Depuis quelques jours, je n’arrive plus à décrocher le soir. »
Ces informations sont précieuses, car elles peuvent nous inviter à agir avant que la tension ne prenne toute la place.
Apprendre à observer son corps ne signifie évidemment pas passer sa journée à surveiller chaque battement de cœur ou chaque sensation inhabituelle.
Cette attention excessive pourrait au contraire devenir anxiogène. Une méta-analyse récente montre d’ailleurs que l’anxiété est associée à une attention plus importante, et souvent plus négative, portée aux sensations corporelles.
L’enjeu est plutôt de reconnaître quelques signes récurrents, puis de les considérer comme des informations, et non comme des menaces.
Et la sophrologie ?
La sophrologie travaille sur les interactions entre le corps, les pensées et les émotions et favorise la prise de conscience. À ce titre, elle peut aider à développer cette capacité d’observation des signaux physiques, mentaux et émotionnels.
Elle peut permettre de :
- mieux percevoir les sensations corporelles et repérer les tensions qui s’installent ;
- identifier progressivement ses propres manifestations du stress ;
- utiliser la respiration et le relâchement musculaire pour diminuer les tensions ;
- prendre davantage de recul face aux pensées qui entretiennent l’état de stress ;
- retrouver progressivement des conditions plus propices à un meilleur sommeil.
Les exercices respiratoires font notamment partie des outils utilisables. Plusieurs travaux ont étudié les pratiques de respiration lente dans la réduction du stress et de l’anxiété, même si leurs effets varient selon les protocoles et les personnes.
Les exercices de contraction puis de décontraction musculaire permettent également de mieux identifier les tensions présentes dans différentes parties du corps et d’en percevoir plus clairement le relâchement.
L’objectif n’est pas de supprimer tous les signes de stress.
Il est plutôt d’apprendre à les reconnaître suffisamment tôt pour pouvoir y répondre autrement.
Sources scientifiques
Clemente R., Murphy A., Murphy J., The relationship between self-reported interoception and anxiety: A systematic review and meta-analysis, Neuroscience & Biobehavioral Reviews, 2024. Méta-analyse de 71 études sur le lien entre interoception rapportée et anxiété. Consulter l’étude sur PubMed
Jenkinson P. M. et al., Interoception in anxiety, depression, and psychosis: a review, EClinicalMedicine, 2024. Synthèse de 34 revues, méta-analyses et travaux théoriques consacrés à l’interoception dans l’anxiété, la dépression et la psychose. Consulter l’étude sur PubMed
Schulz A., Vögele C., Interoception and stress, Frontiers in Psychology, 2015. Revue consacrée aux liens réciproques entre interoception et stress le long de l’axe corps-cerveau. Consulter l’étude sur PubMed
Bentley T. G. K. et al., Breathing Practices for Stress and Anxiety Reduction: Conceptual Framework of Implementation Guidelines Based on a Systematic Review of the Published Literature, Brain Sciences, 2023. Revue systématique de 58 études et 72 interventions respiratoires évaluées sur le stress et l’anxiété. Consulter l’étude sur PubMed