Sophie Bernadet Sophrologue · Paris 16

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Sport et santé mentale

· Sophie Bernadet

Quels sont les effets de l’activité physique sur l’humeur, l’anxiété, le sommeil et notre cerveau ? Et quels liens peut-on faire avec la sophrologie ?

On associe spontanément le sport au cœur, aux muscles, au poids, à la condition physique, à la performance. Mais ses effets concernent aussi très directement notre santé mentale.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) rappelle que l’activité physique régulière réduit les symptômes de dépression et d’anxiété, améliore la santé cérébrale, le sommeil, et peut accroître le bien-être général.

Marcher, faire du vélo, nager, danser, jardiner font déjà partie de ce que l’OMS appelle l’activité physique.

Un effet réel sur l’humeur

Les données scientifiques sur le lien entre activité physique et santé mentale sont aujourd’hui nombreuses.

Une vaste synthèse publiée en 2023 dans le British Journal of Sports Medicine a regroupé 97 revues systématiques, 1 039 essais et plus de 128 000 participants. Elle conclut que les interventions basées sur l’activité physique sont associées à une diminution des symptômes de dépression, d’anxiété et de détresse psychologique.

Une autre méta-analyse publiée dans le BMJ en 2024, portant sur 218 études et plus de 14 000 personnes souffrant de dépression, a retrouvé des effets favorables pour plusieurs formes d’exercice, notamment la marche ou le jogging, le renforcement musculaire, le yoga et les exercices aérobies. Les auteurs soulignent toutefois que la qualité des études reste variable selon les disciplines étudiées.

Si le sport ne remplace pas une psychothérapie ou un traitement médical lorsqu’ils sont nécessaires, il peut donc constituer un véritable outil complémentaire.

Et pour prévenir la dépression ?

L’intérêt ne concerne pas seulement les personnes déjà en difficulté.

Une méta-analyse publiée dans JAMA Psychiatry a suivi près de 191 000 adultes, représentant plus de deux millions d’années-personnes de suivi. Les chercheurs ont observé que les personnes physiquement actives présentaient un risque plus faible de développer une dépression.

Point intéressant : les bénéfices apparaissent avec des niveaux d’activité inférieurs aux recommandations officielles. Les personnes réalisant environ la moitié du volume d’activité recommandé présentaient un risque de dépression inférieur d’environ 18 % à celui des personnes totalement inactives.

L’activité physique agit aussi sur l’anxiété

Une méta-analyse publiée en 2026, regroupant 27 essais randomisés et 1 447 participants présentant une forte anxiété ou un trouble anxieux, conclut également à un effet anxiolytique significatif de l’exercice.

Une revue plus large publiée en 2024 sur la prévention des troubles psychiques observe elle aussi une association entre des niveaux plus élevés d’activité physique et un risque plus faible de dépression et de troubles anxieux.

Il faut cependant rester prudent : le sport n’agit pas de la même manière chez tout le monde et les effets dépendent du type d’activité, de sa fréquence, du contexte et bien sûr de la situation personnelle.

Pourquoi, comment ?

L’exercice physique agit simultanément sur plusieurs dimensions.

Sur le plan biologique, les chercheurs étudient notamment ses effets sur la neuroplasticité, les mécanismes inflammatoires, les neurotransmetteurs et les systèmes impliqués dans la réponse au stress. Une revue de 2023 portant sur vingt années de travaux montre notamment que l’exercice peut modifier les taux de BDNF, une protéine importante pour la plasticité cérébrale, même si les liens exacts avec l’amélioration de la dépression restent encore étudiés.

Mais tout n’est pas biologique ! Car faire du sport, c’est aussi :

Ces dimensions psychologiques et sociales participent elles aussi probablement aux bénéfices observés.

Le sport peut également nous aider à mieux faire face au stress

L’activité physique sollicite temporairement l’organisme : le cœur accélère, la respiration change, le corps mobilise de l’énergie.

Cette mobilisation physique peut contribuer à améliorer notre manière de réagir ensuite à certains stress.

Une revue systématique publiée en 2024 s’est intéressée aux effets d’une séance d’exercice sur la réaction ultérieure à un stress psychologique. Les résultats suggèrent que l’exercice aigu peut modifier certains aspects de la réactivité au stress, même si les effets diffèrent selon les indicateurs étudiés et les personnes.

Je trouve cette idée intéressante : faire travailler volontairement son corps peut aussi nous apprendre à mieux reconnaître et traverser certaines sensations d’activation.

Et le sommeil ?

L’activité physique régulière est également associée à une amélioration du sommeil chez l’adulte. L’OMS le cite explicitement parmi ses bénéfices.

Or sommeil et santé mentale sont intimement liés.

Lorsque nous dormons mieux, nous disposons généralement de davantage de ressources pour réguler nos émotions, faire face au stress et prendre du recul.

Le sport agit donc parfois par plusieurs chemins à la fois.

Quel sport pratiquer ?

Celui que vous arrivez à pratiquer, que vous aimez, qui ne vous demande pas un investissement — en temps, en énergie, en argent — qui vous semble déraisonnable.

L’OMS insiste d’ailleurs sur un principe essentiel : toute quantité d’activité physique vaut mieux que l’absence totale d’activité.

Quel rapport avec la sophrologie ?

Sport et sophrologie peuvent se retrouver autour d’un même objectif : aller mieux, grâce à une hygiène de vie adaptée au service du corps et de l’esprit.

Sources scientifiques

Organisation mondiale de la Santé, Activité physique, 26 juin 2024. L’OMS rappelle les bénéfices de l’activité physique sur la santé mentale, la cognition, le sommeil, l’anxiété et la dépression. Consulter la source OMS

Singh B. et al., Effectiveness of physical activity interventions for improving depression, anxiety and distress: an overview of systematic reviews, British Journal of Sports Medicine, 2023. Revue de 97 méta-analyses incluant plus de 128 000 participants. Consulter l’étude sur PubMed

Noetel M. et al., Effect of exercise for depression: systematic review and network meta-analysis of randomised controlled trials, BMJ, 2024;384. Analyse de 218 études et 14 170 participants. Consulter l’étude dans le BMJ

Pearce M. et al., Association Between Physical Activity and Risk of Depression: A Systematic Review and Meta-analysis, JAMA Psychiatry, 2022;79(6):550-559. Étude dose-réponse sur activité physique et risque ultérieur de dépression. Consulter l’étude sur PubMed

Su H. et al., The anxiolytic effects of exercise: A systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials, Complementary Therapies in Medicine, 2026. Méta-analyse de 27 essais randomisés. Consulter l’étude sur PubMed

Rahmati M. et al., Physical activity and prevention of mental health complications: An umbrella review, Neuroscience & Biobehavioral Reviews, 2024. Revue de synthèse sur activité physique, prévention de la dépression et anxiété. Consulter l’étude sur PubMed

da Cunha L.L. et al., Effects of exercise training on inflammatory, neurotrophic and immunological markers and neurotransmitters in people with depression: A systematic review and meta-analysis, Journal of Affective Disorders, 2023. Consulter l’étude sur PubMed

Fincham G.W. et al., Effect of breathwork on stress and mental health: A meta-analysis of randomised-controlled trials, Scientific Reports, 2023. Méta-analyse sur les pratiques respiratoires volontaires et le stress. Consulter l’étude sur PubMed

Liu Y. et al., The Effects of Imagery Practice on Athletes’ Performance: A Multilevel Meta-Analysis with Systematic Review, Behavioral Sciences, 2025. Analyse de 86 études et 3 593 sportifs. Consulter l’étude sur PubMed

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